dimanche 17 février 2008

De quelle maison tu parles?

Nous étions en famille. Les vents étaient cléments. La douceur du temps faisait la corrosion de nos carapaces ovipares. Dans mon œuf. Je respirais les liquides incandescents de ma mère. Abandonnée par cette marquise délicieuse. La grâce pour tout bagage. Elle s'était posée là, naturellement sans réfléchir. Le magma de mon œuf alpagué. L'osmose de mes frères tranquilles. Le soleil tamisait nos pores. Des taches de rousseurs aux tréfonds des entrailles. Nos cœurs vibrants à la température ambiante. Mon père, ce soldat avare avait quitté toute la maisonnée dés la fécondation de ma femelle de mère. Un jour, mon cœur battit si fort que je sentis craqueler la peau de l'œuf qui me gardait enfermé. Un orifice profond et étroit. Le bout du tunnel, et puis la lumière. Mes draps verts, nourriture délicieuse, le choix de ma mère. De feuilles en feuilles, je me trainais comme je pouvais. Me sentant grossir à chaque verdure emmagasinée. Il y en avait bien des dangers, des vents, des pluies. Des bateaux qui chavirent et des océans stridents. Les arpèges des miens, les battements. Pianissimo, tango. Bals et chimères volatiles. Puis vint mes 20 ans, âge béni, ma grand mère, cette prêtresse guérisseuse.

C'est à mon anniversaire que je rencontrais celle qui devint mon fardeau quotidien. La belle Lucinda. Elle me pénétra au premier regard. Elle me rejeta presque aussitôt. Mon enfer commença, de déconfiture en déconfiture, je sentis mon corps se transformer, mon rythme se faire plus lent. Ma chrysalide m'enfermer. Je ne voulais plus voir personne, plus me laisser happer par la vilainie de mes frères. Puis un jour, j'en sorti de ma chrysalide, plus fier et plus heureux encore qu'au premier jour de ma naissance. J'eus un nombre insoutenable. Je volais de pièces en pièces. Voyageais au sous sol. Arpentais les balcons en contant sérénade à qui voudrait bien entendre. Un jour, je rencontrais une femme naïve et exquise. Je me jouais d'elle, la trainais dans la boue puis la lessivais pour la retrouver blanche comme neige pour mieux la salir à nouveau.

Moi, c'est Edgar, l'homme assassiné dans mon lit, en haut de la maison Gueffier. C'était il y a 100 ans. Je fixe un papillon prit dans les filets de la toile d'araignée.

3 commentaires:

Unknown a dit…

C'est très sympa ce texte, mais de qui parles-tu ?? de toi j'espère, il le faut, bref, on s'appelle... bisous la lune...

IndigOr a dit…

C'est un exercice d'atelier... fallait écrire l'histoire d'une personne qui aurait vécu dans le lieu de l'atelier. C'est surement un peu de ma maison intérieure.

Biz Yann !

Anonyme a dit…

Maison ou pas, on rentre bien dans ce texte ;-)