lundi 28 janvier 2008

Les peaux mortes

Le ciel est bas. Nappe de coton sur un bleu limpide. Au loin, s'entrelacent les branches torturées de quelques arbres. Givre blanc, manteau de nuit. froid. L'hiver est là, imperturbable saison. Les jours se font plus longs. Le soleil gagne son combat sur la nuit. L'esprit s'éveille. Incertaine chaleur d'un terrain lunaire. Le germe grandit. Les sèves inondent les troncs figés. Intérieur confiné. L'esprit dessine des printemps au gout d'une pâquerette perçant le tendre d'une prairie verte. Une oie sauvage crève le ciel de son vol majestueux. Posée sur son dos, je défie les strates lumineuses. Arpège transitoire. Vagabondage d'une liberté retrouvée. Manque une corde amoureuse sur le corps abandon. Les amours anciens se fustigent dans des constellations de mots. Il s'accroche dans un torrent à la branche flottante de l'amour. Il m'invite à la danse solaire sous un sol humide et chaud. J'avais de l'ambition pour deux. Ce n'est pas la saison. Au loin, le ronronnement d'une tondeuse me rappelle à la réalité d'une cité mercantile. Herbes hautes défient l'horizon agacé. Raser les incertitudes. L'organe se contracte, l'espoir au diapason. Ruminer l'organdi d'un suaire sur ma peau. L'ivresse accompagne les volutes fugaces d'une déraison foisonnante. C'est la vie que mon esprit crie dans le ciel tapageur. Les dieux m'incitent à traverser encore les limbes cosmiques. Partition sacré d'une onde chatoyante. Elle chante la voix de mes chairs. Elle simule les dérisions virtuelles. Le langage se fait tendre. Les mots sont des sortilèges amères. Incantations vaines. Corruption d'un absolu parfait. Ne plus écrire et me laisser emporter dans les spirales sarcastiques. Un corbeau croasse au loin. Il se moque des tourments. Funeste volatile. Me plonger dans une eau fumante et chaude.
Une peau morte recouvre mon corps.


3 commentaires:

Anonyme a dit…

Eternelle transition. Les vibrations des âmes s'accordent, harmonie d'une autre dimension. Les lyres chantent des amours de couleurs, jusqu'au gris des lumières. Le chaos naturel mange encore les têtes. S'il coule comme un torrent, alors noyons nous d'amour. Qu'il en reste une trace comme d'une roche déviant le courant. Le glacier fond, le froid se dilue, la sève monte, les cellules s'aiment de pression osmotique, transmission de la vie.
chairs tendues vers le renouveau. Regénération de la spirale nucléique. Les mots s'entrelacent, construisent les mondes, laissant les peaux mortes à chaque mue.

IndigOr a dit…

Drôle de chose que voilà ^^

Anonyme a dit…

Oui, n'est il pas ? Je peux la faire genre haiku aussi :
blanc transitoire, vert chaud.
Peaux mortes dans l'eau,
courtes incertitudes de fin d'hiver