mardi 5 février 2008

Fantaisie impromptue

Tangue chavire mon bel appareil. Une douce cavalcade sur les paupières closes d'une musique sautillante. Puis elle revient l'espérance d'une promenade sur les iris offerts. Le temps devient grave, symphonie majeur. Soudain la vague se fait plus tendre, une caresse sur la coque. Le vent souffle pourtant. Ondule la vibration d'une eau de bohème. La feuille accroche des notes noires puis des silences comme des croches. Petit clapotis légers. Tout s'accélère, se précipite, battement d'un chœur. Une joie insoupçonnée. Puis revient la lenteur d'une brise légère sur la pensée. Tout se disloque dans des vagues déraisonnées. Et elle rit, elle rit comme une gouttière sur les trottoirs d'asphaltes. Une éclaircie et l'ondulation ouvre les vannes d'une émotion distillée. Un oiseau crève le ciel. Vol léger sur un vent porteur. La gamme se précipite dans des crachins d'arpèges. Le piano pianissimo d'une envolée. Et je tangue et je chavire à nouveau comme un clavier accéléré. Les sens se dérèglent, les sens se chiffonnent, les sens, l'essence. Soudain la mer se fait croisée. Une marche, un pas puis un autre sur les petits détours. Dieu que ce coeur est à prendre. Une envolée lyrique et s'accélère encore la dérive sur l'appel d'une partition. Pianiste de mot et la magie opère. Je fais l'amour, il me pénètre, il n'est pas mort, non, il est vivant, vivant et je baise et je baise comme une chevauchée sur son corps. Sa corde. Elle me submerge. Dieu que je vous aime monsieur Chopin.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Oui, la musique à ça de magique. Elle est la première porte vers les autres mondes.

IndigOr a dit…

Oui mais je ne l'avais encore jamais vécu du moins de cette façon. Je croyais que c'était un rêve mais c'est bien réel.