Dimanche 29 juin
15H48
Chaque touche transmute l'écho d'un dilemme. Couleurs en mosaïque sur fissures argentées.
Qu'est ce que je veux dire ?
Je ne sais pas.
16H18
Et à cet instant me vient l'idée d'abandon. Ce mot qui me poursuit, ne sommes-nous constitué que de cette part ? Faut-il inlassablement se laisser quitter. Partir pour un ailleurs. Laisser l'autre dans le plus misérable désespoir. Est ce cela vivre libre ?
Je savais que faire un grand tableau avait tendance à me remuer. Je le fais rarement, car rester ainsi pendant des jours sur le même chantier ça tournicote les méninges.
J'y retourne, elle m'appelle encore.
Comment vais-je l'appeler celle-ci ?
Elle ressemble à un soleil en loque avec des fissures partout.
18H28
Je n'ai pas beaucoup avancé. Je prends plaisir à m'attarder sur des petits détails, je peux rester des heures sur 5cm du tableau. Je vais arrêter pour ce soir, reprendre demain, avec un regard neuf, avec une autre humeur, un autre temps. Ça faisait si longtemps que je n'avais repris ce plaisir. Quand je pense au gaspillage de mon essence vitale offerte ces deux dernières années au vent. C'est l'heure du bilan, l'heure d'abandonner à mon tour.
dimanche 29 juin 2008
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