mardi 19 mai 2009

Du journal

Le 15/05/2009 - 10H29 - Le départ
Retard. Le train à grande vitesse. Les arbres sous la tempête, arène se dévide de ses paraphes. Écrire le silence interne, cette fulgurance, chercher, rivaliser avec moi-même. Me donner une contenance. Les grincements de la machine. Je m'apaise. L'angoisse des départs. De paysages en paysages, l'équilibre des flous éparses, un tableau. Écrire et perdre contenance. Tenir les railleries internes. Les harponner, les vider. Partir vers toi mon amour, le mien, celui qui te fait, te forge à la force de l'exhalaison. J'ai la nausée.

Je ne sais pas l'heure qu'il peut être. Tout le monde autour de moi semble comme suspendu. C'est drôle ces arbres dans les champs, symétriques, une barre du sol au plafond de sous l'arbre. Le temps est gris, sans nuances, l'espace se perd dans une brume épaisse, au loin, là bas. J'ai beau avoir du monde autour de moi, je sens une solitude immense, presque avide. Une vague dans l'âme, un étau dans la tête. Je suis fatiguée. Il y a de la majesté dans ces éoliennes. Les nouveaux moulins de Don Quichotte. Un jour peut être abolirons nous le nucléaire. Le suicide programmé de l'humanité. Nous sommes peu de choses finalement.

Le 18/05/2009 - 9H43 - Le retour
Un changement de place s'impose. Trois coqs en pattes m'entourent, pédant à souhait, oppression et le train comme mille chevaux au galop. S'échapper, se rendre là où l'inextinguible se refuge. Il est décidément des mondes bien impénétrables.

Le flou des nuages, tumultueux horizon. La belle verte s'étend et je reviens vers nous, mon amour. Nos instants délicieux, nos florilèges incertains, à grande vitesse, j'enjambe vos dérives
- studieuse et attentive dérive -

Ils enfilent leur perles sur mon stylo, sur le parvis de mes pensées, je décroche l'espace. Mes silences, mon horizon, puis la verticale. Je fixe le point, ce centre de jointure, correspondance troublante avec l'orgasme. Est ce bien ce point l'origine ? Il fait beau, un soleil qui pénètre. Le voyage est un rictus au coin des lèvres. Un paysage au coin des vertiges. Passeuse de vertiges, la raison s'éclipse sous le poids des sens. Spirale en mouvement, j'achève, transforme les visions. Spatule spatiale, une cuillerée d'espace temps pour figer la présence.

Où suis je ? Chaque grain de sable s'égraine et le sablier m'éloigne de tes bras. Hypnotique transition. La vitesse est une chimère dans l'entrecuisse, le feu de ses ailes. Hypnotique encore ces paysages qui défilent, oripeaux volubiles sur la terre. Strates, roches et verdures chamoirées.

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