"Elle a grandi dans l'ombre de son frère ainé, surdoué scandaleux. Lorsqu'il a choisi de s'enfuir, elle a appris l'absence et le manque. Aujourd'hui, l'exilé volontaire est de retour de ses lointains voyages et il la réclame. Il ne lui propose que des jours fragiles, fébriles. Elle accepte sans réfléchir. Empêtrée dans ses frayeurs, guidée par un infatigable espoir, Isabelle Rimbaud est enfin prête, à trente ans, à cheminer aux côtés d'Arthur vers l'irréparable."
Les jours fragiles de Philippe Besson
Il est des lectures qui ne laissent pas indemne. Ce livre fait parti de ces cheminements de femme dans une vie remplie de non dit et de tendres liens. éloge d'une fraternité au rapport ambigu. Nous découvrons ici un portrait de la sœur de Rimbaud troublant et un Arthur humanisé, un dieu est mort.
Adolescente, Rimbaud fut un de mes premiers amants. Au contact de ce poète je me suis éveillée à l'ivresse des mots, aux turpitudes de l'esprit. Il m'a toujours suivi, sans vraiment prendre l'ampleur de son influence sur ma vie. Puis voilà qu'aujourd'hui, je retrouve un Arthur mourant, souffrant, sensible, un rapport avec sa mère assez proche du mien. Castratrice et ogresse et le portrait d'une fratrie presque incestueuse.
Pourquoi ce livre, et aujourd'hui, alors que je sens le passé qui s'échappe, le passé qui s'étiole comme si toutes mes fondations anciennes ne me semble que vide et strates mensongères. Faut il donc que j'abandonne et laisse mourir Rimbaud aussi ? Que restera t-il ?
Voici donc un livre sensible, une bouleversante histoire d'amour et une mort absurde, atroce, reflétant une fin plus que prévisible pour ce poète de génie.
"Je reviendrai, avec des membres
de fer, la peau sombre, l'oeil
furieux : sur mon masque, on me
jugera d'une race forte. J'aurai
de l'or : je serai oisif et brutal.
Les femmes soignent ces féroces
infirmes retour des pays chaud.
Je serai [...] sauvé."
Arthur Rimbaud,
Une saison en enfer,
Août 1873.
Mardi 10 novembre,
Sur le registre des décès de l'hôpital de la conception, l'infirmière écrit, d'une belle écriture, régulière et appliquée : " Rimbaud (Jean Nicolas), trente sept ans, négociant, né à Charleville, de passage à Marseille, décédé le 10 novembre 1891, à dix heures du matin.
Diagnostic : carcinose généralisée.
mercredi 25 juin 2008
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2 commentaires:
Salut!
Je ne parle guère le français, car je suis venezuelienne...je parle espagnol, c'est ma langue.
Cependant, depuis que j'ai lu la mahnifique poésie de Rimbaud j'ai tombé amoureusse (on dit comme ça?) de ses beaux mots. J'aime compte,c'est...je sais pas...c'est different, et je l'aime pour ça.
Vaitiere Alejandra Rojas Manrique
Venezuela
hola :)
Je suis heureuse de savoir que le Vénézuela vient jusqu'ici.
Oui Rimbaud est de ces hommes intemporels, immortels et universels.
Au plaisir Vaitière Alejandra Rojas Manrique
Luna
France
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