vendredi 19 juin 2009

Eloge du rien

Les sphères se rejoignent formant la spirale de ces cycles nécessaires. Ovide se retourne et l'histoire prend forme dans mes synapses spirituelles. J'ai des charismes dans la bobine. J'attire, alpague, intransigeante flamme sur les coléoptères. J'ai trois déesses dans les tripes. Les unes assument les conséquences des autres. Chacune s'imbriquant parfaitement dans les schémas qui me caractérisent. J'ai trois femmes jonglant sur l'espace de mes trois âges. De l'infiniment petit à l'infiniment grand. Des liens de mes naissances à mes décadences et mes métamorphoses. Je suis une roche malléable, palpable, "sculptable ". L'érosion de mes organes et ma peau qui se durcit. Des plis, petites ridules aux coins des yeux. Des sillons de temps, des cicatrices. Et pourtant, cette béance dans mon sexe, cet aspirateur de songes, cette faille immense, là où plus rien n'existe, ni les couloirs dans l'espace temps, ni les chaos de mes dérives.

Je n'existe pas. Dans l'univers, je ne suis qu'un petit point même pas visible à l'œil nu. Même ces petits points lumineux dans le ciel sont des milliards de fois plus grands que moi. L'humanité entière ne réunirait pas assez d'énergie pour une étoile, la plus petite soit-elle. Nous ne sommes même pas visibles de la lune, même pas du ciel ou du haut d'une montagne... c'est dire notre insignifiance. Qu'est ce qu'elle en a à faire la terre, cette grande déesse, de nos activités ? De nos pollutions, nos extinctions et de la fonte des glaces. Qu'est ce qu'elle en a à faire de ne plus avoir de vie, ces parasites, sur elle ? Qu'est que ça change dans le fond ? Vous voulez que je vous dise ?
Rien.
Voilà, aussi clair, aussi net et précis : RIEN
Nous n'existons pas, nous ne sommes que des petites énergies inutiles et néfastes. Absurde non?
Et pourtant, j'ai trois déesses dans la caboche.

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