jeudi 18 juin 2009

Petits crachins

Je me réveille, deuxième café. J'ai une boule dans les tripes. La fatigue m'observe comme un gouffre avide. J'ai le vertige. J'ai un je ne sais quoi dans la caboche qui m'appelle. Un voile sur mes rétines. J'ai l'impression de me faire bouffer par un ogre. Le ciel se couvre de ses nuances grisâtres. Il faut que je refasse du café...

Je pense reconnaissance. Je supporte que l'on m'admire, comme dit la chanson. Je veux que l'on m'aime, m'adule. J'ai des envies de singularité. Mon ego est en manque. Je n'arrête pas de me tâter le nombril, mais ça marche pas. Rien à faire, je dois mourir à cette forme obsédante. La métamorphose est fatigante. J'aimerais apprécier mes mutations profondes, aucune paix possible dans cet organe à penser. Le tourment devient crédo. J'envie ceux qui savent avancer en toute confiance.

Depuis mon enfance, je me sens protégée par une force. C'est confortable diront les athées convaincus. C'est un conditionnement de l'esprit, tu te convaincs de cette protection, mais c'est toi, tu es seule, t'accroches pas, surtout pas une force supérieure. La quête du père me dit la psy, Dieu le père. Donc, je me suis inventée une espèce de bonne étoile. Certes, c'est peut être plus plausible. Ce terrible besoin de sécurité, cette constance qui me fait défaut depuis toujours. L'abandon, je ne supporte pas l'abandon, et pourtant je n'ai de cesse de quitter, mourir, abandonner pour un ailleurs. Je me sens écartelée dans mes organes internes. Cette puissance des contraires, des paradoxes, des antithèses. Je suis un mélange de tout et son contraire. Une sorte de truc binaire perpétuel. Foutu conditionnement !

Je veux mourir ! Je veux dire que je veux partir. Prendre un train pour un ailleurs. N'importe lequel, peu importe puisque Tout est parfait ! L'ensemble, encore et toujours cette appartenance qui me fait défaut. S'intégrer, s'imprégner, se baigner dans cette masse corpulente. Ça me fout les boules ! Je ne l'aime pas je crois. Disons que je ne sais pas faire corps avec. Je dois être un extra terrestre ou un truc inconnu. Un OVNI, oui, voilà, un truc qui vole dans l'espace temps sans trouver d'accroches, sans trouver de terre pour se poser, un lieu d'accueil. Je suis l'exilée perpétuelle.

1 commentaire:

Monsieur Chose a dit…

Vous êtes belle.